randos à partager, plaisir de découvrir des paysages, terroirs et histoires locales
Non loin du lac d’Estaing, et de Cauterets, le
« circuit des lacs » :
une rando estimée en 7h30, d’après le topo-guide
des Hautes-Pyrénées que j’avais pris soin de me procurer à la bibliothèque à défaut de carte. Il est possible de réaliser ce circuit sur 2 jours en passant la nuit au refuge Wallon, ce qui m’a
paru
plus sage d’autant que nous devions initialement partir avec des amis. Nous
sommes donc arrivés tranquillement vers 15h au Pont d’Espagne (parking payant à 1450 m d’altitude), une heure bien tardive pour débuter une randonnée,
mais il faut moins de
3H pour rejoindre ce gîte (à 1865 m). A ma grande déception cependant, toute la vallée du Marcadau était envahie d’une brume épaisse, me faisant hésiter à poursuivre, mais ce qui
n’a pas démoralisé Fred à qui je décrivais ce site rafraichissant, découvert autrefois en famille. Nous avons longé le gave du Marcadau en profitant de ses
cascadettes et avec l’espoir de voir se
dissiper le brouillard en prenant de l’altitude. Ce qui sera le cas, juste avant d’arriver avec, en plus, la joie de découvrir de nombreuses marmottes.
Le gîte peut abriter jusqu’à 120 personnes, nous sommes les seuls à dîner
au dehors avec un
berger accompagné de son border collie. Un couple nous rejoint, mais se fait copieusement assaisonné-voire injurié par le gérant, qui leur reproche leur incivilité : il faut arriver à heure
précise, lorsque le repas est réservé et surtout dîner en salle pour faciliter le service. Nous sommes embarrassés pour eux et surpris. Le désagrément va au-delà puisqu’un seul WC est accessible
et qu’il n’y a pas de douche bien que notre nuitée en dortoir s’élève à 14 € par personne. Nous regrettons de n’avoir pas choisi de bivouaquer, ce que nous ferons la nuit suivante. Au matin, la
vue est dégagée et le spectacle grandiose au lever du soleil. Nous partons vers 9h en direction
de la chapelle, et suivons le sentier balisé uniquement de cairns et de quelques panneaux de bois égrenés aux intersections
principales.
Nous montons en 1h30 à 2300m, laissant
derrière nous ce décor et
impatients de découvrir
le premier des lacs de la série : le lac de Nere.
Nous le contournons et grimpons encore plus nettement ,
avec face à nous les
aiguilles découpées du pic Arrouy pour atteindre à 2420m le lac de Pourtet.
L’eau est d’une grande limpidité et nous sommes étonnés d’y trouver un pêcheur, installé là depuis 2 bonnes heures,
nous dit-il .
Nous sommes au sommet de notre
randonnée, il nous faut à présent redescendre en admirant de surplomb en surplomb une succession de lacs
qui ressemblent d’ici à de petites mares.
Nous déjeunons entre 2 lacs en lézardant au soleil.
Je fais la vaisselle (2
bols !) sous une petite cascade
d’eau aménagée d’une
sorte de barrage de caillou. Et il s’avère que le coin ressemble à la salle de bain bucolique d’un berger ou pêcheur qui a
camouflé tout près sa malle dans une grotte improvisée. Nous poursuivons la descente vers les lacs supérieur et inférieur d’Embarrat où je zoome à temps sur la
prise de ce pêcheur qui relâche une truite de belle taille. Après une légère
trempette, nous nous engageons sur la descente en lacets vers la vallée que déjà comme la veille, la brume envahie. En clin d’œil, pour nos
copains qu
i n’ont pu
nous accompagné, nous singeons une « soirée mousse »
comme celle où nous avions dansé ensemble jusqu’au petit matin dans une fête de village de 4 jours mémorables.
Du coup
une nouvelle fois, nous parcourons la vallée du Marcadau
dans un brouillard épais, sans vraiment de repères. C’est avec soulagement que nous trouvons l’auberge du clôt, qui affiche complet. Son accueillant propriétaire nous indique qu’
il nous sera possible de bivouaquer et surtout de nous offrir une douche réconfortante pour 2 €. Nous allons chercher notre tente à la voiture sur le parking en contrebas et l’installons à 19h en
respect de la réglementation sur l’aire de
bivouac partagée avec quelques vaches. A minuit pile se
déclenchent des éclairs ininterrompus et une pluie battante qui ne cessera qu’à 6H du matin. Nous sommes inondés et dégoulinants
et surtout
forcés de renoncer à poursuivre sur le lac de Gaube comme je l’avais planifié pour le lendemain. La météo est bien trop incertaine pour s’y
aventurer alors pour consolation, nous nous offrons un petit déjeuner complet à l’auberge et repartons sur le chemin en compagnie d’un fringant ( !) randonneur de 90 ans !! si si je
vous promets, qui nous époustoufle, et dont nous envions le courage et la santé.