randos à partager, plaisir de découvrir des paysages, terroirs et histoires locales
Au matin, petit saut à la boulangerie pour ramener d'énormes croissants, fierté de la boulangère ! De quoi nous donner des forces pour un
parcours qui s'annonce plus long : une vingtaine de kms. Nous quittons Préveranges avec une petite halte au lavoir des puces, récemment
restauré. Mélanie nous a rejoint. Nous sillonnons un champ de
blé, qui ondule
légèrement au vent, ne manque que le son de la cornemuse pour évoquer la musique comme Brulette dans le roman : « Je me sentais comme portée avec toi par un grand vent,
qui nous promenait tantôt sur les blés mûrs, tantôt sur des herbes folles, tantôt sur des eaux courantes ; et je voyais des prés, des bois, des fontaines, des pleins champs de fleu
rs et des
pleins ciels d'oiseaux qui passaient dans les nuées .»
Des blés, nous passerons ensuite aux bois comme la transition du pays berrichon à celui du bourbonnais soulignée par la romancière . « C'était toutes
petites côtes vertes coupassées de ruisseaux bordés de beaucoup d'herbes et de fleurs qui sentaient bon. Les arbres étaient beaux et le muletier prétendait ce pays plus joli et plus riche que le
nôtre à cause de ses pâturages et de ses fruits... » 11ème veillée – en guise de fleurs, nous verrons notamment des champs cultivés de moutarde, qu'Ysa saura
reconnaître, et dans les pâturages des troupeaux avec de robustes taureaux agacés et mugissants. Nous nous fixons la chapelle
de St Rémy pour notre pause déjeuner. Elle a été reconstruite
sur une chapelle mérovingienne. A son pignon sud, sous une niche occupée par Sainte Madeleine,
coule une source : la fontaine Saint-Jean, aux vertus dites
miraculeuses. De nombreux pélerins venaient boire son eau pour soulager les maladies d'yeux, les rhumathismes, paralysies et coliques. Ces dévotions s'accompagnaient d'une fête profane qui
subsista
jusqu'en 1930. Plutôt fraiche, seule Ysa a eu le cran d'y baigner ses pieds, tandis que nous y avons toutes trempé nos bouts d'orteils le temps d'une photo qui rappelle celle du
film « le coeur des hommes ». Le chemin semble encore long, et quelques ampoules commencent à apparaître....De nombreux papillons égayent notre chemin et forcément quelques chenilles.
La
traversée des bois de Sugère est un régal pour moi, qui me gave de fraises des bois mais il est temps
d'arriver à l'étang d'Herculat, près de Treignat. Les nuages
s'amoncellent et nous renonçons à camper près de cette très ancienne retenue (18 Ha) . Elle appartenait aux seigneurs de Villebouche qui percevaient une redevance des meuniers. Elle est désormais
propriété communale et gérée pour la pêche par l'Union des Pêcheurs Bourbonnais. Fred nous y récupère, si proche du but à moins d'une trentaine de kms de la maison.